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JLR - Le Parlement européen vient d'adopter le 18 juin 2008 la directive dite " retour ". Les députés verts et ceux de la Gauche Unitaire Européenne ont voté contre en bloc, ainsi qu'un bon nombre de députés socialistes et divers députés libéraux et de droite. La directive prévoit pour les migrants non communautaires des mesures de rétention pouvant aller jusqu'à 18 mois. Les personnes expulsées peuvent être interdites d'accès au territoire européen pour une durée de 5 ans. La directive n'offre pas de garanties pour les mineurs, même s'ils ne sont pas accompagnés.
Cette directive témoigne de l'hégémonie des idées de droite que les élites dominantes ont su imposer dans les sociétés européennes contemporaines. L'immigration est souvent perçue comme une menace. Nombre de politiciens de droite en tirent profit pour se constituer une base électorale de masse, en prônant une politique du tout sécuritaire. Pourtant l'Europe a besoin d'immigration, ne serait-ce que pour combler son déficit démographique et maintenir ses systèmes de protection sociale. Ce qui pose problème ce ne sont pas les travailleurs immigrés, mais l'instrumentalisation de l'immigration par le grand patronat pour s'attaquer aux conditions de travail et aux acquis sociaux. Ce qui pose problème est la mise en concurrence des travailleurs européens - entre eux et avec les travailleurs immigrés. Et la dégradation de la situation du monde du travail qui en découle. En adoptant une directive qui permet d'enfermer une personne pendant 18 mois pour la seule raison qu'elle se trouve sur un territoire sans être en possession des autorisations nécessaires, les dirigeants européens n'apportent aucune réponse aux problèmes réels qui se posent aux salariés. Par contre ils disqualifient l'Union européenne à se proclamer " terre des droits de l'homme et des libertés publiques ". Evo Morales Ayma, le premier président indigène de Bolivie, l'a dit aux dirigeants européens dans un appel remarquable pour que soit retiré la " directive de la honte " : " Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papiers, dont l'immense majorité travaillent et s'intègrent depuis des années ? De quel côté est aujourd'hui le devoir d'ingérence humanitaire ? Où est la liberté de circuler, la protection contre les emprisonnements arbitraires ? " |